Dans certains cas, l'optimisation du rôle joué par les sièges sociaux peut permettre de gagner plusieurs jours sur le processus de reporting.
De nombreux directeurs financiers recherchent un processus de reporting plus rapide et à plus forte valeur ajoutée. Un accès plus rapide aux informations pertinentes permet à l'équipe de direction de prendre immédiatement des mesures correctives lorsque cela s'avère nécessaire. Les projets de clôture rapide s'articulent généralement autour de deux mécanismes : un recours accru aux estimations lors de la clôture de fin de mois et l'utilisation de technologies plus performantes pour soutenir le processus de reporting du groupe. La remise en question du rôle joué par les sièges sociaux dans ce processus est toutefois souvent négligée. Nous avons constaté que l'optimisation de ce rôle permettait, dans certains cas, de réduire de plusieurs jours la durée du processus de reporting.
Les sièges sociaux ont tendance à centraliser les tâches liées au reporting au sein du groupe. Cela s'explique parfois par le fait que les technologies utilisées n'offrent pas les fonctionnalités nécessaires pour décentraliser ces tâches, mais le plus souvent, d'autres facteurs entrent en jeu. Voyons quelques exemples courants.
Les multinationales appliquent de nombreuses normes comptables locales dans leurs filiales étrangères, mais une seule s'applique aux rapports du groupe – généralement les normes IFRS ou les US GAAP. À qui incombe-t-il de concilier les normes comptables locales avec celles du groupe ? L'argument souvent avancé par les sièges sociaux est que les filiales opérationnelles ne maîtrisent pas la complexité inhérente à ces ajustements comptables. Cependant, posons-nous la question suivante : pourquoi les sièges sociaux auraient-ils une meilleure compréhension des opérations comptabilisées dans leurs filiales étrangères que ces dernières elles-mêmes ?
Un dilemme similaire se pose concernant l'affectation du goodwill et des immobilisations incorporelles issus de la répartition du prix d'acquisition. Ces éléments doivent-ils faire partie des écritures de consolidation, être comptabilisés au bilan de la société holding ou au bilan de la société opérationnelle concernée ? Plusieurs raisons pratiques plaident en faveur de leur comptabilisation au bilan de la société opérationnelle. En cas de devise fonctionnelle étrangère, cette approche permet de réévaluer automatiquement le goodwill et les immobilisations incorporelles et d'en comptabiliser l'effet dans la réserve de conversion. De plus, il est beaucoup plus efficace de déterminer quels goodwill, immobilisations incorporelles et réserve de conversion doivent être décomptabilisés lorsqu'une société opérationnelle est cédée.
Une autre question fréquemment débattue concerne le processus de rapprochement inter-sociétés. Les écarts doivent-ils être analysés et corrigés par les sociétés opérationnelles elles-mêmes, ou cette tâche doit-elle être confiée aux sièges sociaux ? Lorsque les sièges sociaux choisissent de gérer ce processus, un collaborateur du service de consolidation peut facilement passer plusieurs jours à identifier les écarts, à les communiquer aux sociétés concernées et à enregistrer les ajustements nécessaires au niveau consolidé.
Le rapport sur les flux de trésorerie est présenté ici à titre d'exemple final. Les sièges sociaux peuvent choisir d'établir le tableau des flux de trésorerie en se basant sur le compte de résultat et le bilan consolidés. Non seulement cette démarche prend beaucoup de temps, mais elle est également inefficace et imprécise : ces entreprises ne considèrent généralement pas le tableau des flux de trésorerie comme un outil de gestion de la performance, mais plutôt comme une section obligatoire du reporting d'entreprise. C'est dommage, car la collecte des tableaux des flux de trésorerie selon une approche ascendante peut fournir des informations précieuses sur l'efficacité de la conversion de trésorerie des différentes sociétés opérationnelles.
La collecte des tableaux de flux de trésorerie selon une approche ascendante peut fournir des informations précieuses sur l'efficacité de la conversion de trésorerie.