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Un nouveau langage pour communiquer la création de valeur à long terme

Dans un article récent intitulé « Larry Fink Isn’t Going to Read Your Sustainability Report » (Larry Fink ne lira pas votre rapport de développement durable), publié sur HBR.org, l’auteur Mark R. Kramer soutient que les rapports de développement durable ne suffisent pas à eux seuls à aider les investisseurs à comprendre la création de valeur à long terme. Ce qu’il faut, c’est un nouveau langage — ou du moins une nouvelle façon de faire le lien entre l’impact social et la performance économique. L’article se termine par un appel à l’action : « Le besoin d’un nouveau langage qui fasse le lien entre le développement durable et la finance se fait sentir dès maintenant. » Curieusement, ce langage existe déjà. C’est simplement que peu d’entreprises ont pris des mesures sérieuses pour essayer de l’apprendre.

Dès 2013, l'International Integrated Reporting Council (IIRC) a publié son Cadre de reporting intégré. Le reporting intégré () promeut une approche plus cohérente et plus efficace du reporting d'entreprise et vise à améliorer la qualité des informations mises à la disposition des bailleurs de fonds afin de permettre une allocation plus efficace et plus productive du capital. Selon l'IIRC, il existe différentes formes de capital, notamment le capital financier, le capital physique, le capital intellectuel, le capital humain, le capital social et relationnel, ainsi que le capital naturel.

Si le reporting intégré constitue le langage utilisé à l'intention des investisseurs et des autres parties prenantes, c'est dansla réflexion intégrée que réside sa dimension linguistique la plus profonde. La réflexion intégrée consiste, pour une organisation, à examiner activement les relations entre ses différentes unités opérationnelles et fonctionnelles et les capitaux qu'elle utilise ou sur lesquels elle a une incidence. La réflexion intégrée débouche sur des décisions et des actions qui tiennent compte de la création de valeur à court, moyen et long terme.

Les entreprises ne devraient pas essayer de réinventer la roue

Le défi auquel sont confrontées la plupart des entreprises consiste à savoir comment mettre en pratique la pensée intégrée. Le concept de « multi-capital » et sa traduction en plans concrets s’avèrent difficiles à mettre en œuvre. Nous sommes fermement convaincus que les entreprises ne devraient pas essayer de réinventer la roue. Il existe de nombreux concepts et modèles facilement accessibles pour aider à concrétiser la pensée intégrée et à relier les facteurs de valeur non financiers et intangibles à leurs résultats financiers. C'est ce qui facilite réellement une discussion plus approfondie sur la création de valeur à long terme (durable) et la performance économique à court terme.

Notre propre expérience dans le domaine du conseil en gestion nous a permis de nous doter d’un ensemble d’outils solides pour mettre en pratique la réflexion intégrée et aller au-delà de la simple production d’un rapport annuel sur papier glacé destiné au monde extérieur, afin de faire évoluer davantage la fonction de planification et d’analyse financières au sein de l’entreprise. Cette fonction FP&A renforcée ouvre la voie à des pratiques de reporting plus pertinentes. La mise en œuvre d'un système analytique posait autrefois de nombreux défis en raison de l'ampleur des informations et de la coordination requise, ce qui explique pourquoi elle s'étendait rarement au-delà du niveau de la direction. Grâce aux technologies actuelles qui permettent une connectivité transparente des sources de données, le déploiement de méthodes analytiques à l'échelle de l'ensemble de l'organisation est plus facile que jamais.

Casper van Leeuwen est associé directeur chez Satriun, un cabinet international de conseil en gestion de la performance d'entreprise (Corporate Performance Management) présent aux Pays-Bas, en Suisse, en France, en Allemagne, en Roumanie, en Italie, en Israël, en Belgique et au Maroc. Satriun conseille les grandes entreprises dans les domaines de la consolidation financière, de la budgétisation et de la planification, ainsi que du reporting de gestion.